On nous annonce ensuite l'approche du terrible golfe de Peñas. Les premières vagues viennent chahuter notre navire. Jusqu'ici, tout va bien. Le ciel revêt son triste manteau gris et la pluie s'invite à la fête. Nous entamons la traversée du grand large. Les vagues redoublent et un combat de 12h, 12 véritables rounds, s'engage contre l'océan Pacifique. Il est recommandé aux passagers de s'allonger pour mieux supporter les secousses. A cet instant, nous nous sentons encore forts et détendus. Nico fume des clopes le long des passerelles en contemplant les contorsions de la mer qui ondule pendant que Mag bouquine en cabine. Le bateau tangue, plonge puis se soulève. Les creux nous bousculent de plus en plus. 120 mètres de ferraille pour presque 3000 tonnes pèsent bien peu face à la puissance d'un océan pourtant calme. Chaque nouvel impact de vague met à l'épreuve la résistance de nos estomacs. Nous nous sentons comme dans un interminable tour de manège de fête foraine. Les heures passent et les remous s'intensifient. Nous ressentons nos premières nausées et restons donc allongés. Le pire est encore devant nous. Nous parvenons à faire une sieste réparatrice. Au réveil, nous nous sentons prêts à affronter le roulis. Le haut parleur annonce le début du dîner. Nous nous séparons quelques instants. Voici la suite des événements depuis chaque point de vue.
(Nico) Je me soulage aux toilettes, sors fumer une clope, puis j'essaie tant que bien que mal de rejoindre Magali au réfectoire. Les couloirs ondulent sous l'effet de la houle. Mon bide se détraque. Magali m'annonce qu'elle renonce à manger. Moi, je persiste. Il parait qu'il vaut mieux avoir le ventre plein quand on traverse une mer agitée. Je gobe une demi tomate vinaigrette mais je commence à éprouver des difficultés à avaler les aliments. Ma soupe menace de se renverser à chaque impact. J'attaque le poulet à la purée. Au bout de trois bouchées, je manque de tout dégueuler dans mon assiette. Je capitule. Je ne finis pas mon repas et je débarrasse mon plateau à moitié dégarni. Et pour ceux qui me connaissent, vous devez mesurer l'improbabilité de cet événement. En retournant vers notre cabine, je croise le médecin de bord. Je lui explique que je me sens mal et que Magali est clouée au lit. Il m'accompagne prendre connaissance de son état. Dans les escaliers qui conduisent à notre étage, un gigantesque remous me scotche à terre et me retourne l'estomac. Ca y est, je suis définitivement patraque. Une seconde secousse m'achève et mon ventre joue au yoyo. Le doc me dépasse et m'ouvre le chemin jusqu'au pont. Je serre les dents mais le vomi envahit ma gorge. Le doc pousse une porte et me laisse dégobiller mon repas par dessus bord dans un splendide jet vrillé du deuxième étage qui termine sa chute dans le sillage d'écume blanche accrochée aux flancs du navire. Sixième heure, sixième round, je pose un genou à terre. Je reprends mes esprits, et suit le doc jusqu'à la cabine. Magali est surprise de me voir accompagné. Elle va bien mieux que moi finalement. Le doc me lance un sourire: je l'ai fait déplacer pour Magali et je suis finalement le seul malade des deux. Il nous quitte après nous avoir rassurés.
Les lames de fond continuent de bousculer notre embarcation. Nico ressent un véritable tourbillon dans ses entrailles. Quelques minutes plus tard, la fin de son repas remonte elle aussi à la surface. Il court aux sanitaires les plus proches et remplit la cuvette d'une mixture rougeâtre. Les tomates rejoignent le poulet pour nourrir les poissons. Après cela, nous nous assoupissons, à la fois bercés et assommés par les vagues. Nous rouvrons les yeux à la fin du 12ème round, à la fin de la 12ème heure, lorsque le calme est revenu.
Au petit matin, nous reprenons un chemin plus tranquille à l'abri des vagues, dans un canal parsemé d'îlots de verdure et de roches. Une superbe lumière perce entre les nuages pour caresser nos visages blanchis. Nous faisons une courte escale à Puerto Eden, un petit village perdu au milieu de nulle part. Un peu plus tard, nous faisons une halte au glacier Pie XI, qui se jette dans la mer. Ses glaces bleutées et écorchées se disloquent en glaçons flottants dans le fjord. Ce glacier est l'un des seuls au monde à progresser au lieu de fondre.
Le lendemain, nous franchissons le passage Wright, le plus étroit du trajet. Le bateau se faufile entre les îlots, distants de quelques mètres seulement. Peu après, nous arrivons à bon port. Puerto Natales offre un environnement incroyable: de grandes plaines, des montagnes noires aux cimes enneigées, et une mer turquoise. Nous nous approchons encore un peu plus du pôle sud et retrouvons des paysages à la hauteur de nos attentes.
Ouuaaaou, purée, ça avait l'air d'etre terrible ces petits 12h de bateaux di donc...Ben en tout cas, ça a l'air d'en valoir la peine!
RépondreSupprimerUne Bonne et heureuse année les amis, que votre périple continue comme vous le voulez, génereux et enhivrant, c tout ce que je vous souhaite!! ^^
Pour les affaires de dessins Nico Ju s'en est occuper Mercredi, l'affaire est dans le sac comme on dis ;)
Pense bien a vous, continuer de vous régaler malgrès tout, et re-mettez des photos un peu plus grandes, là on peut pas les agrandire, c souvent frustrant!!
A tantôt les amis, plein de bizous poilus!!
Coucou les aventuriers ! Bonne année !!
RépondreSupprimerAprès plus d'un mois de fainéantise assidue, je reprends le cours de vos péripéties, apprenant vos malheurs et vos joies. J'espère que les dernières prennent vraiment le pas sur les premiers.
Episode du bateau rocambolesque et savoureux : les filles sont définitivement plus fortes...
Bises à tous les deux.
Claude M.
Nico, t'es une fiotte.
RépondreSupprimerMais j'aime ces petites faiblesses.
coucou,
RépondreSupprimerje viens de redecouvrir votre blog apres quelques mois... bon courage dans ces aventures inoubliables!
Moi je fais une regate marseille le WE prochain : j espere que la mer sera moins demontee qu en patagonie...
Porfitez de chaque moment!
bisous
maud et leo
mag, bon anniversaire demain!!!!
RépondreSupprimerje ne suis pas en retard cette année!
profitez bien de la patagonie et des glaciers, icebergs...
léo et maud
wahou...j'aurais pas du vous lire au ptit dèj moi....Ma ptite Mag, bon anniv' parmi les glaciers! des bisous à vous.
RépondreSupprimerHé ben dis donc! sympa la traversée....que d'émotions.
RépondreSupprimerAujourd'hui est un jour particulier pour toi, c'est cool de le vivre complètement différemment des fois précédentes. On te souhaite tous les trois (Romain, Aurélien et moi) un très joyeux anniversaire.
Bizoo à vous deux
Ophélie
Un bon anniv au bout du monde Mag'! des pensées, et des bises!
RépondreSupprimerCarole.
Bonjours et bonne année de nouvelle calédonie les amis!
RépondreSupprimerUn vrai régal de lire vos aventures.
Ecrire avec le point de vue de chacun d'entre vous est vraiment marrant.On attend de vos nouvelle trés vite!!
Et comme tout le monde le dis on fait pareil, bon anniversaire a Magali!!
et comme on dit ici, tata bisous
seb et gaëlle
Hello !
RépondreSupprimerBelle traversée ma foi, vous vous êtes mises à l'heure européenne où de nombreuses connaissances ont passé leur réveillon avec une gastro. Finalement, ici aussi on peut vivre l'aventure !
Allez, bises à vous et à Dany, qui doit vous avoir retrouvé sous de meilleurs auspices !
Solange